Le Temple du Sida à Lopburi (14/10/2011)

De ce reportage très objectif diffusé par M6 en octobre 2011 (La vraie vie des filles de bar), j'en ai extrait une partie seulement.
Ce reportage était composé en fait de deux parties:

  • Des jeunes français se prenant très sérieusement pour de véritables «chasseurs de têtes» se rendant dans le nord du pays pour engager des filles qui viendront ensuite travailler dans les bars de Pattaya, Patong ou Bangkok. Un commerce assez répugnant, immonde que je n'avais pas envie de montrer ici. Je l'ai donc zappé, viré, tout simplement.
  • L'autre partie, qui est bien plus émouvante et touchante est ce reportage dans un temple situé à 200km au nord de Bangkok à Lop Buri, et qui héberge et soutient des dizaines de malades dont les jours pour bon nombre d'entre eux sont comptés.
J'ai renommé cet extrait: Le Temple du Sida.

Le Sida est bien présent en Thaïlande et en Asie du sud-est et ces images qui peuvent peut-être en choquer certains, ne sont que le reflet d'une réalité toujours grandissante.

Ce centre peut choquer et certains dénonceront peut-être ce « zoo humain ».

Comme dit dans le reportage, les malades sont « heureux » qu'on vienne les visiter et cela ne m'étonne pas, connaissant les thaïs en général, et leur mentalité.

La question que je me pose : si j'étais à leur place et dans cet état, aimerais-je qu'on vienne me voir, me filmer, me photographier… ? à priori, non, bien sûr car j'ai beau vivre ici depuis bien longtemps, mais ma mentalité reste toujours celle (en grande partie) d'un européen, mais d'un autre côté je n'en sais rien en vérité : quand tu sais que tu n'en as plus pour longtemps et que tu souffres tu t'accroches à ce que tu peux et comme tu peux.

Comme on peut le remarquer dans ce film, Il est probable que les visiteurs apportent un certain réconfort à ces malades, et cette jeune femme très atteinte, en phase terminale discutant et semblant apprécier la présence de cette étudiante en est la preuve.

Si ce centre n'existait pas, tous ces malades seraient dans la nature, rejetés par leurs familles et la société en général, et personne pour s'occuper d'eux : ils crèveraient comme des bêtes.

Le Sida a beau faire partie de notre vie depuis bien longtemps, il reste une «maladie honteuse» pour beaucoup, et particulièrement en Thaïlande.

Condamner ou dénoncer ce genre de procédé, oui, bien sûr c'est facile, mais c'est une vision d'européen. Les thaïs, eux, voient les choses bien différemment.

Grâce aux visiteurs, un peu d'argent entre dans les caisses du centre, ce qui améliore l'aide aux malades. Comme on dit : ils se débrouillent pour faire « vivre » ce centre et n'attendent pas d'obtenir des fonds de l'état.

Ce que je constate de ce centre, est, que les bâtiments sont propres, et offrent aux malades un toit dans des conditions à priori pas mauvaises, avec des soins journaliers.

Le fait d'autoriser des visites (c'est apparemment ce qui choque) est probablement aussi un très bon moyen de faire prendre conscience de la gravité de cette maladie aux jeunes étudiants. C'est un moyen comme un autre, on apprécie ou on n'apprécie pas avec nos "yeux d'européens"…

Au passage, il est dit aussi dans ce film que 10.000 personnes atteintes du Sida souhaiteraient intégrer cet établissement...

En Thaïlande 50% des adolescents ne se protègent pas, et chez les ouvriers qui vont dans les karaokés obscurs pour coucher avec des filles, la proportion est encore pire. A Phuket, qui est actuellement la 3e ville du pays avec plus de 4300 personnes atteintes VIH/SIDA, dont la majorité est masculine (deux fois plus d'hommes que de femmes) je pense que ce genre de prévention ou d'information n'est pas inutile.

Je ne sais pas quand ce reportage a été tourné… peut-être il y a 3 mois, c'est-à-dire 90 jours… peut-être plus... c'est-à-dire que 60 à 90 de ces personnes au moins sont décédées entre temps, et probablement que plusieurs des personnes qui apparaissent dans ce reportage ne sont plus de ce monde.

Ces images un peu brutales peut-être pour certains, rappellent que la Sida est une maladie terrible et qu'il faut absolument prendre ses précautions.

Une précision pour terminer, au début de ce reportage, le journaliste montre un "bâtiment inquiétant: le crématorium...". Ceux qui connaissent la Thaïlande savent très bien qu'il y a un crématorium tel que celui-ci dans presque tous les temples, puisque après la mort, les corps sont systématiquement incinérés (sauf les enfants), une pratique tout à fait courante ici et qui fait partie du principe de la religion bouddhiste.